Ile du sud
de la France, quatrième plus grande île de la Méditerranée
La
Corse est située à 170 km
de la côte niçoise,
Elle
s'étend sur: 8 569 km2
______________________________
Un socle
cristallin occupe la grande majorité du sous-sol
Au
centre s'élève un massif
cristallin, qui s'étend sur presque toute la longueur de l'île,
du nord au sud, la partageant en deux parties
Au
nord de ce massif, dans la zone du Niolo, s'élève le point
culminant de la Corse,
le monte Cinto ( 2 710 m
). La partie méridionale du massif cristallin est moins escarpée.
Les massifs du centre sont creusés par les vallées profondes
du Liamone, du Gravone, du Taravo et du Rizzanese, quand ils ne sont pas prolongés
par de vastes plateaux.
Dans le nord-ouest
de l'île s'étend
la plaine de la Balagne tandis qu'au nord-est la Castagniccia élève
ses sommets schisteux du Tavignano jusqu'au Cap-Corse.
Une
plaine d'alluvions s'étend à
l'est et au sud de cette zone schisteuse. La plaine d'Aleria occupe ainsi
la côte orientale jusqu'au bassin tertiaire de Solenzara. Le golfe de
Porto-Vecchio s'inscrit entre ce bassin et celui de Bonifacio, à l'extrême
sud de l'île.
De nombreux golfes ( Golfes
de Porto, de Sagone, d'Ajaccio et de Valinco)
découpent toute
la façade occidentale de l'île.
La
région appartient au milieu méditerranéen;
son climat est adouci par l'insularité.
1. HISTOIRE
L'Homme
prit pied en Corse dès la période du Prénéolithique.
Aux chasseurs-nomades («
La Dame de Bonifacio » date de 6600 av. J.-C.) succédèrent
les peuplades agro-pastorales du Néolithique ancien - (Aleria,
Filitosa, Levie).
Ce fut à la fin du Néolithique
que les mégalithes se multiplièrent. L'histoire de la
Corse
commença véritablement avec la colonisation d'Alalia (Aleria) aux
VIe et Ve siècles av. J.-C.
D'après l'historien
grec Hérodote, ce fut par cette colonie que les Phocéens firent
pénétrer dans l'île les cultes religieux et les techniques
du monde méditerranéen.
Néanmoins, la présence
des Phocéens puis celle des Étrusques et des Carthaginois
se limita au littoral.
Au contraire,
la prise d'Aleria par les Romains, en 259 av. J.-C., marqua le début d'une longue présence.
La romanisation, puis la christianisation, apportèrent un brassage
entre autochtones, colons grecs, latins et étrangers.
Durant plusieurs siècles,
l'île
subit différentes dominations étrangères. Au Ve siècle
apr. J.-C., les invasions barbares ( les Vandales puis
les Ostrogoths) désorganisèrent les cinq évêchés corses.
Les pirates barbaresques et les Sarrasins (du VIIe au XIe siècle) débarquèrent afin de s'assurer d'autres voies maritimes.
Face
à ces envahisseurs, les Corses s'installèrent à l'intérieur
des terres. Au VIIIe siècle, Pépin le Bref confirma l'attribution
de l'île au Saint-Siège.
Mais
devant les incursions sarrasines régulières,
la papauté concéda l'administration de la Corse à l'évêque
de Pise en 1077.
Après une période de paix et de prospérité,
la rivalité entre Gênes et Pise conduit le pape à attribuer
aux Génois trois des six évêchés dès 1133.
Les Corses demeurèrent morcelés géographiquement et opposés
socialement.
Ceux de l'En deçà, situé
au nord-est, soutinrent la domination génoise, avec leur Conseil des
Six-Corses.
Ceux de l'Au-delà, situé au sud-ouest, luttèrent
contre l'administration de Gênes.
Cette
rivalité constante réduisit
l'efficacité de la résistance corse contre les conquérants,
ce qui permit à Gênes de
dominer l'île de 1284 à 1729.
L'exclusion
des Corses dans la haute administration, les inégalités judiciaires et la situation économique
déclenchèrent une succession de jacqueries.
Les
Corses, alliés à la France,
s'opposèrent à Gênes, soutenue par l'Empire autrichien.
Dans ce contexte de désordre, Pasquale Paoli organisa un «gouvernement
de la nation corse» en 1755, et contraignit Gênes à vendre
la Corse à la France en 1768.
Devant
l'importance du parti français
et la supériorité militaire française, Pasquale
Paoli s'exila
pour l'Angleterre en 1769.
Pendant la Révolution française,
la Corse, en vertu du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes,
devint un département français. En 1790, Pasquale
Paoli fut rappelé
de son exil pour assumer les charges de président du Conseil général
et de commandant de la garde nationale.
Affaibli par la maladie, il rompit
ses relations avec la Convention et, sous l'influence de Pozzo di Borgo, fit
appel à l'Angleterre, qui administra la Corse entre 1794 et 1796. Bonaparte,
originaire de l'île, devenu Premier consul, engagea rapidement l'assimilation
de la Corse à la France. Cependant, l'île évolua peu.
Au
cours du XIXe siècle, l'aménagement
du territoire et le développement économique de la Corse restèrent
limités tandis que le banditisme et le clientélisme perdurèrent.
Malgré l'indifférence de la IIIe République, la
majorité des Corses conserva pour la France un attachement et un intérêt
profond. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Corse fut le premier département
français à être libéré (4 octobre 1943).
Ses soldats contribuèrent alors au débarquement de Provence.
Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, de nombreux
rapatriés d'origine corse revinrent sur l'île, notamment dans
la plaine orientale.
Une partie d'entre eux contribua à
faire de cette plaine paludéenne une terre agricole rentable.
2. LE NATIONALISME CONTEMPORAIN
À partir des années
soixante, les questions économiques et le développement de courants
autonomistes et indépendantistes prirent une importance particulière.
La région administrative de Corse fut créée en 1970.
Le
parc naturel régional vit le jour
en 1971. En 1975, la région fut divisée en deux départements
distincts. Mais la dépendance économique vis-à-vis du
continent et l'abondance des capitaux étrangers sur le territoire corse,
notamment, conduisirent les mouvements de revendications autonomistes et indépendantistes
à s'engager dans des actions politiques
mais aussi dans des actions armées.
Dès 1974, après la dissolution
du Fronte paesanu corsu di liberazione (FPCL), 111 plastiquages furent
pratiqués. Après la mort de deux policiers en août 1975
à Aleria, l'Action régionaliste corse (ARC) fut dissoute et
le FLNC (Front de libération national de la Corse) fut formé.
Mais la répression n'enraya pas la montée de la violence.
Des
séries d'attentats furent principalement
menées contre les symboles de l'État (bâtiments publics,
représentants de l'État) et contre les capitaux étrangers
(complexes touristiques étrangers ou métropolitains).
Le
FLNC a revendiqué, depuis 1976,
plus de 5 000 actions armées.
La loi de décentralisation de mars 1982 attribua à la Corse
un statut particulier, lui accordant notamment une assemblée
de 51 conseillers élus pour six ans au suffrage
universel direct et un président assurant le pouvoir exécutif
durant trois ans.
Les autorités françaises
prononcèrent
la dissolution du FLNC en 1983. L'interventionnisme de l'État se heurta
au clientélisme électoral et à l'esprit de clan insulaire.
Après l'échec d'un projet, en 1990, où la notion de «peuple
corse» comme «composante du peuple français» fut
rejetée, l'île obtint, en mai 1991, sa classification comme
collectivité
territoriale à statut particulier. Avec la loi Joxe, la Corse reçut
ainsi des pouvoirs plus étendus que les autres régions :
le Conseil exécutif régional devint un véritable organe
de gouvernement quasi autonome couvrant les domaines économiques,
sociaux et culturels.
Dès lors, les élections régionales
de mars 1992 mirent en évidence l'ampleur des mouvements autonomistes
(25 p. 100 des suffrages au second tour) et les divergences dans
leurs revendications. Ceux-ci furent partagés entre la volonté
de négocier un nouveau statut avec l'État (zone franche, pouvoir
régional plus étendu), l'acquisition d'un statut proche de celui
des Territoires d'outre-mer (TOM) et une indépendance complète.
Désorganisées, les luttes indépendantistes dégénérèrent
en luttes fratricides.
À la recherche d'une voie nouvelle
pour la Corse et en attendant de rétablir un véritable État
de droit, l'État laissa jouer les divisions nationalistes. Cependant,
en février 1998, le préfet Claude Erignac était assassiné
à Ajaccio?; cet attentat qui s'attaquait au plus haut personnage de
l'État dans l'île suscita une intense émotion nationale,
et plus particulièrement au sein de la population corse. En réponse
aux maux endémiques de l'île, l'État français s'est
alors lancé dans une vaste opération contre la corruption et
le clientélisme.
La justice a
ainsi ouvert de nombreuses enquêtes
visant certaines personnalités politiques locales et des membres de
l'administration régionale, au sujet notamment d'affaires financières
et immobilières et de la gestion de la Caisse régionale du Crédit
agricole et de la Caisse de développement de la Corse.
En
mars 1999, lors d'élections territoriales
tenues à la suite de l'annulation de celles de mars 1998, les listes
de droite l'ont emporté, la gauche plurielle a reculé et les
nationalistes ont progressé.
En
avril 1999, la Corse a été
touchée par l'affaire dite des « paillotes » : le
préfet Bernard Bonnet, soupçonné d'avoir donné
l'ordre de procéder à l'incendie d'un restaurant de plage construit
en infraction à la législation a été mis en examen.
Dans le même temps, il a été soupçonné d'avoir
mené une enquête parallèle sur le meurtre du préfet
Erignac et d'en avoir informé par notes les services du Premier ministre
et du ministre de l'Intérieur.
Ces événements ont relancé
en Corse le débat sur l'autonomie et ont mis en difficulté le
gouvernement de Lionel Jospin. En mai, plusieurs militants nationalistes corses,
soupçonnés de constituer le « Groupe opérationnel
» à l'origine de l'assassinat du préfet Claude Erignac,
ont été interpellés et trois d'entre eux ont avoué
leur participation à l'attentat.
3. L'ART ET LA CULTURE CORSE
Deux siècles après
Pasquale Paoli, la francisation n'a pas totalement réduit la culture
corse. Le patrimoine légué tout au long de l'histoire corse
est remarquable et riche : coffres, dolmens, menhirs du néolithique,
tours de la civilisation torréenne
(plateau
de Levie, région de Porto-Vecchio),
architecture gréco-romaine (Aleria, Mariana)
basiliques
paléochrétiennes
(Calvi, Sagone, Saint-Florent).
Dès le haut Moyen Âge, un art
préroman fut édifié. À la fin du XIe siècle,
la République pisane construisit des cathédrales côtières
dans la Castagniccia, le Nebbio et la Balagne. Cet art roman pisan est présent
jusqu'au XVe siècle. À l'inverse, la présence de
l'art gothique demeure limitée. Avec la Contre-Réforme naît
l'art baroque.
Il se développe aux XVIe et XVIIe siècles,
notamment dans la région de Bastia et en Castagniccia. L'insularité,
la présence génoise et les menaces permanentes des pirates barbaresques
ont marqué durablement les paysages corses. Gênes a légué
de nombreuses citadelles (Bonifacio, Algajola, Porto-Vecchio) et l'office
de Saint-Georges a doté l'île d'un système de surveillance
en édifiant des tours le long des côtes. La langue corse est
également très riche. Elle s'est construite au fur et à
mesure des apports extérieurs (racines celto-ligures, influences latine
puis toscane et secondairement génoise).
Elle
reflète les «vendetta»
du passé et reste principalement orale jusqu'au milieu du XIXe siècle,
puis devient écrite et est enseignée à l'université
de Corte. Aujourd'hui, la polyphonie corse (paghjella, chjama e rispondi)
maintient une tradition et une culture, expression et reflet des luttes
du
passé d'une île et de ses habitants.
Comparée aux réalités
économiques, la culture corse a autant de sens et d'importance. L'équilibre
est néanmoins difficile à conserver entre ces deux domaines
parfois antagonistes.
4. LE RELIEF
Un massif cristallin s'étend
sur quasiment toute la longueur de l'île, du nord au sud, et la partage
en deux parties : au nord, dans la zone du Niolo, se trouve le point culminant
de la Corse, le monte Cinto ( 2 710 m d'altitude ), tandis qu'au-delà
de la vallée du Golo, d'autres sommets dépassent 2 000 m
- le monte Rotondo ( 2 622 m ), le monte d'Oro ( 2 389 m
) et
le
Monte Renoso ( 2 352 m ); la partie méridionale du massif,
moins escarpée, culmine néanmoins au mont Incudine ( 2 128 m
)
Les massifs du centre sont creusés
par les vallées profondes du Liamone, du Gravone,
du Taravo et du Rizzanese, ou prolongés par de
vastes plateaux. Dans le nord-ouest de la Région s'étend
la plaine de la Balagne ( au nord-ouest du Niolo ), tandis
qu'au nord-est, la Castagniccia élève ses
sommets schisteux ( 1 767 m à San Petrone ),
du Tavignano jusqu'au Cap-Corse.
Une
plaine d'alluvions domine à l'est
et au sud de cette zone schisteuse ; la plaine d'Aleria s'étend ainsi
le long de la côte orientale jusqu'au bassin tertiaire de Solenzara.
Le golfe de Porto-Vecchio s'inscrit entre ce bassin et celui de Bonifacio
à l'extrême sud de l'île, et de nombreux golfes - Porto,
Sagone, Ajaccio et Valinco - découpent toute la façade
occidentale de l'île.
La Corse
dispose d'une couverture forestière
importante composée de feuillus - châtaigniers, chênes
verts, chênes-lièges, hêtres, bouleaux - et de résineux
- pins laricios, pins maritimes. Le maquis est présent sur le
littoral et à l'intérieur des terres.
Très dense, parfois impénétrable,
sa végétation recèle diverses espèces très
parfumées - arbousiers, asphodèles, chardons, cistes, cyclamens,
genévriers, myrtes, etc.
5. LE CLIMAT
La Région bénéficie
d'un climat de type méditerranéen, modifié et adouci
par l'insularité et l'altitude de certains massifs. Les précipitations
s'élèvent à 900 mm par an environ et se répartissent
de façon irrégulière sur l'année. L'espace méridional
de la Corse est caractérisé par des conditions climatiques plus
chaudes et plus sèches que le Nord, en raison notamment de son relief
ouvert aux vents du sud.
6.
LE DÉCOUPAGE ADMINISTRATIF
La Corse compte deux départements :
la Haute-Corse et la Corse-du-Sud. La Corse dépend de la cour d'appel
de Bastia, de l'académie d'Ajaccio, et appartient à la région
militaire Méditerranée de Lyon. Elle fait en outre partie de
la province ecclésiastique d'Aix-en-Provence.
Bastia
est le chef-lieu du département
de la Haute-Corse, dont les chefs-lieux d'arrondissement sont Calvi et Corte.
Le département de la Corse-du-Sud a pour chef-lieu la ville d'Ajaccio,
et Sartène comme chef-lieu d'arrondissement.
La
Corse s'est vu attribuer depuis 1982 le statut particulier de collectivité territoriale, et depuis 1992, l'administration
de la Région est rattachée à un Conseil exécutif
de sept membres et à une assemblée régionale de cinquante
et une personnes élues au suffrage universel.
7. L'ÉCONOMIE
L'agriculture en Corse représente
10,7 p. 100 de l'emploi régional
(moyenne
nationale : 6,8 p. 100)
et 2,7 p. 100 du PIB régional (moyenne nationale : 3,2 p. 100).
La fertilité des sols y est globalement médiocre, ce qui explique
en partie un revenu brut par exploitation inférieur de 35 p. 100
à la moyenne nationale.
Les plaines
littorales sont destinées
aux cultures commerciales. La Société mixte pour la mise en
valeur agricole de la Corse
(la Somivac, créée en 1957) y a
développé des exploitations intensives dont l'activité
repose sur une mécanisation et une irrigation efficaces.
L'arboriculture
- agrumes, pêches,
nectarines, avocats, olives, poires, cerises, abricots, kiwis - et la
viticulture sont associées dans la plaine d'Aleria, au sud de Bastia,
dans les vallées de Gravone et du Taravo autour de Porto-Vecchio, au
nord-ouest de Bonifacio, et entre Calvi et Algajola. Les vergers d'agrumes,
dont la clémentine constitue la principale production, occupent une
surface totale de 2 300 ha et bénéficient des recherches
agronomiques menées notamment par deux stations scientifiques implantées
dans la plaine orientale : celle de San Giuliano s'est spécialisée
dans l'agrumiculture, tandis que celle de Migliacciaro fait porter ses études
sur l'ensemble des vergers.
La viticulture
couvre une superficie de 8 500 ha
environ. La production s'élève à 700 000 hl/an
et s'oriente majoritairement vers les appellations d'origine contrôlées
(8 appellations contrôlées). Le vignoble de qualité
se situe principalement sur les coteaux d'Ajaccio (cépage dominant :
le sciaccarellu) au sud, dans la région de Patrimonio (cépage
dominant : le niellucciu), à proximité de Saint-Florent
et en Balagne (aux environs de Calvi et de Calenzana) au nord.
Le
Cap-Corse produit également d'excellents
vins sous l'appellation «coteaux-du-cap-corse» et de remarquables
muscats, également d'appellation d'origine contrôlée
(dont le célèbre Clos Nicrosi de Rogliano). Quelques grandes
exploitations viticoles sont implantées dans le sud de l'île
et de la Région :
Sartène (appellation «Sartène»), Figari et Porto-Vecchio
(appellation «Porto-vecchio»). Les cultures fourragères
sont en progression et s'étendent sur une superficie totale de 5 700 ha,
dont 2 000 ha consacrés aux céréales.
Les
nombreuses forêts de l'île
(forêts d'Aïtone, de Vizzavona, etc.) victimes chaque année
de multiples incendies, accueillent une économie de montagne, où
l'élevage extensif et itinérant (bovins, caprins, ovins, porcins)
constitue la principale activité agricole (fromage, charcuterie), notamment
l'élevage ovin, également prédominant dans les plaines
littorales.
Le cheptel, qui compte
environ 130 000 têtes,
est principalement orienté vers la production laitière (20 000 brebis
laitières), qui alimente en particulier les caves de Roquefort dans
les Causses.
Les pâtes de fromage servent également
à la production de la brousse « brucciu », fromage de
brebis frais et de la tome corse.
En
Balagne et dans la Castagniccia, les troupeaux de chèvres dominent, et l'élevage est parfois associé
à la culture des châtaignes. Le cheptel porcin ( 35 000 têtes
) est élevé en libre pâture; la chair des bêtes
s'imprègne ainsi des parfums des fruits de la forêt - châtaignes,
glands, faines - et des herbes odorantes.
Grâce à cette saveur particulière,
la cochonnaille corse propose des produits de renom : le lonzu, la coppa,
le prisuttu (jambon cru) ou encore les figatelli (saucisses de foie).
Enfin,
l'aquaculture tend à se développer.
L'élevage des moules, des huîtres, des bars et des daurades dans
les étangs de Diane et d'Urbino de la plaine d'Aleria (première
région aquacole en 1993 avec une production de 900 t) figurent
parmi les principales productions.
Le
secteur secondaire emploie 7,5 p. 100
de la population active corse (moyenne nationale : 22,9 p. 100)
et ne représente que 21,9 p. 100 du PIB régional
(moyenne nationale : 29,8 p. 100).
Le
sous-sol de la Région ne contient
pas de ressources énergétiques et ses gisements de minerais
- antimoine à Vico, fer dans le golfe de Sagone, plomb argentifère
en Balagne - sont insuffisants pour être compétitifs.
De
plus, la Corse souffre de son insularité :
les coûts de production y sont plus élevés et toute vente
en dehors de l'île implique nécessairement des frais de transport
également plus importants qu'ailleurs.
Les
débouchés de l'économie
corse et de ses 4 900 entreprises artisanales sont ainsi essentiellement
régionaux. Toutefois, cette faiblesse du marché intérieur
incite de nombreuses industries - 95 p. 100 d'entre elles comptent
moins de 10 salariés - à acquérir une envergure
nationale. Le bâtiment et les travaux publics (BTP) emploient 12 p. 100
de la population active régionale (contre une moyenne nationale de
7,2 p. 100), la Corse ayant en effet de considérables besoins
en matière d'infrastructures liées aux transports notamment.
Le
marché intérieur et les
industries sont concentrés dans les deux plus grandes agglomérations
de l'île : Bastia, premier pôle économique de la
Région,
où sont regroupées les principales industries du département
(tabac, bois, agroalimentaire); Ajaccio, second pôle industriel de
l'île, abrite les plus importantes industries de la Corse-du-Sud.
Enfin, Porto-Vecchio accueille l'industrie du chêne-liège
et des salines.
Le
secteur tertiaire représente 81,8 p. 100
de l'emploi régional ( moyenne nationale : 70,3 p. 100
) et 75,4 p. 100 du PIB régional : (
moyenne nationale : 67 p. 100
).
Les villes portuaires 1 230 000 passagers
transitent chaque année par le port de Bastia, 4e port français
et 25e au niveau européen, et plus de la moitié du trafic de
marchandises de la Région par son port de commerce.
L'aéroport de Bastia-Poretta accueille
670 000 passagers par an.
Le
trafic passager du port d'Ajaccio ( 750 000 personnes
par an ) est inférieur à celui de Bastia, tandis que le port
de commerce est essentiellement tourné vers l'importation de produits
alimentaires, d'hydrocarbures et de matériaux de construction. 520 000 voyageurs
utilisent l'aéroport de la ville chaque année.
Toutefois,
malgré cette relative faiblesse
par rapport à Bastia, l'agglomération est un centre tertiaire
et décisionnel important, siège de l'Assemblée territoriale
corse créée en 1992.
Porto-Vecchio
est le troisième port
de commerce et de voyageurs de la Région. Globalement, 60 p. 100
du trafic portuaire de marchandises est importé du continent, contre
6 p. 100 provenant de l'étranger. La Corse exporte 29 p. 100
du trafic portuaire de marchandises vers le continent et 5 p. 100
à l'étranger.
Le dynamisme
du secteur tertiaire repose essentiellement sur le tourisme, principale activité et principale
ressource de l'île. Le milieu méditerranéen, la riche
culture corse et le maintien d'un environnement protégé - notamment
dans le cadre du parc naturel régional de la Corse, créé
en 1970 - permettent à « l'île de beauté »
de maintenir ce pan de l'économie régionale en constant développement.
En moyenne, la région accueille annuellement 1 300 000 touristes,
dont plus de 600 000 pour la seule période estivale. Les dépenses
de ces touristes s'élèvent à plus de 2,5 milliards
de francs.
Le tourisme balnéaire est le
plus favorisé, la Corse disposant en effet d'un riche littoral, étendu
sur plus de 1 000 km. Les stations balnéaires à forte
capacité d'hébergement sont principalement localisées
sur la façade occidentale de la Région : Saint-Florent
au nord, l'Île-Rousse, Algajola et Calvi sur le littoral de la
Balagne, Porto, Cargèse, Porticcio et Propriano, dans les golfes
de la côte
ouest, enfin Bonifacio à la pointe sud de la Corse.
Trois
stations balnéaires à
forte capacité d'hébergement sont implantées sur le littoral
oriental : Moriani-Plage, Solenzara et Porto-Vecchio. Certaines régions
naturelles - la Balagne et le Cap-Corse au nord par exemple - sont
également très prisées. La Région possède
par ailleurs plusieurs sites préhistoriques et historiques ouverts
au public : Sartène, au sud-ouest; le musée de Préhistoire
corse, à Aleria, sur la côte est; un site occupé dès
l'époque néolithique puis par des Grecs de Phocée au
VIe siècle av. J.-C., à Filitosa, au nord de Bonifacio;
des vestiges des époques néolithique, mégalithique, torréenne
et romaine
La montagne corse connaît un succès
touristique significatif; au nord-est du monte Rotondo, Corte est un lieu
de séjour estival apprécié et un point de départ
pour de nombreuses excursions. De même, Vizzavona - l'une des plus
belles forêts de Corse, s'étendant sur 1 526 ha ,
située au centre de la Région, est un site très fréquenté
principalement pour ses sentiers et ses routes forestières. Enfin,
lors de la saison hivernale, plusieurs stations de sports d'hiver sont ouvertes :
Muratello,
dans la forêt de Vizzavona
(entre 1 500 m et 2 000 m d'altitude), Évisa
(col de Vergio), Haut-Asco, Soccia,
Quenza ou Ghisoni.
En dépit de ces atouts naturels
et culturels, l'activité touristique reste marquée par les
faiblesses
économiques conjoncturelles de l'île : le marché
de l'emploi régional connaît un taux de chômage de 14,9 p. 100
(moyenne nationale : 10,8 p. 100)
Le
poids de l'insularité et la faiblesse
du marché intérieur réduisent en effet les potentialités
du tourisme et ses retombées pour l'emploi régional. De même
le réseau de transports est largement insuffisant; le trafic des quatre
aéroports
( Bastia, Ajaccio, Calvi et Figari ) est par exemple inférieur
à celui des Baléares, les ports de voyageurs (
Ajaccio, Bastia, Bonifacio, Calvi, l'Île-Rousse, Porto-Vecchio et Propriano) et le réseau
des routes nationales et départementales nécessitent une amélioration.
Les
infrastructures d'hébergement
touristiques sont également insuffisantes, puisque la Région
dispose d'une capacité hôtelière réduite à
10 000 chambres ( 12 000 chambres d'hôtel
en Lorraine ).
Cependant, l'équilibre est difficile
à trouver entre, d'une part, l'indispensable développement d'infrastructures
inadaptées à l'économie locale et, d'autre part, une
exploitation des ressources touristiques de l'île - de nouvelles
constructions immobilières contribueraient à menacer le littoral -
ce qui nuirait gravement à l'environnement et à la nature corse
jusqu'ici « préservés ». Les problèmes politiques
liés aux divers mouvements nationalistes présents sur l'île
ont sensiblement réduit, ces dernières années, le tourisme
en provenance de la France continentale; parallèlement, la part des
visiteurs italiens s'est accrue de façon significative.
Superficie
: 8
569 km2 / Population (1990) : 249
737 habitants.